jeudi 5 novembre 2009

Tipping point




Il y a quelques jours Sarbacane a publié "Tipping point, Téhéran 1979" de Hamed Eshrat.
Iranien, né en 1979, Il nous livre le récit de ses parents pendant la révolution iranienne.

"Ce terme anglais, tipping point, n'a pas d'équivalent français précis, on pourrait le traduire par « point de basculement sociologique », « point critique sociodynamique » ou «seuil de tolérance».

Cette expression tipping point ou « angle de repositionnent » est une expression technique de la sociologie qui se rapporte à un moment dramatique où quelque phénomène singulier devient commun.

Cette expression a été créée par Morton Grodzins, qui a étudié les voisinages d'intégration américains au début des années 1960. Il a découvert que la plupart des familles blanches restaient au sein de leur voisinage aussi longtemps que le nombre de familles noires restait comparativement très petit. Mais, à un certain point, quand « trop » de familles noires arrivaient (environ 10-20 %) par rapport à la population totale), les familles blanches restantes se retiraient en masse selon un processus qualifié de « fuite blanche ». Il a appelé ce moment le tipping point

L'idée a été répandue et consolidée par Thomas Schelling en 1972 (prix Nobel d'économie 2005). Une idée semblable est à la base du modèle du seuil de Granovetter concernant le comportement collectif."

source Wikipédia

Kurdistan iranien, avec leur petite fille, Elham. Ils attendent leur deuxième enfant, ce sera Hamed qui naîtra en 1979. Hossein est un bon père de famille qui travaille pour les services
secrets du shah, la Savak. Alors que la petite famille coule des jours heureux, la rue gronde : les propos virulents de Khomeyni vis-à-vis du shah attisent les haines et ce dernier réprime les manifestations dans le sang. Quand Khomeyni atterrit à Téhéran le 1er février 1979, l’armée se déclare neutre et la chute du shah est imminente. Devenus « ennemis de la révolution », les membres de la Savak et leurs familles sont contraints de se cacher, dans un Téhéran devenu le théâtre de manifestations de masse. Les bouleversements politiques conduiront la famille à s’exiler. En 1986, Hossein, Agdhas, Elham et Hamed obtiennent en RFA l’asile politique.

Hamed n'a pas vécu la révolution contrairement à Marjane Satrapi.
Son père étant membre des services secrets du Shah, sa famille n'est donc pas pro- révolutionnaire, contrairement à celle de Marjane.

Pas si simple réaliser une bd sur la révolution iranienne après "Persépolis", véritable succès de la "bd différente" et de son adaptation en film, primé à Cannes.
Pourtant l'approche narrative et esthétique sont très semblable, ce qui renforce encore la difficulté de l'exercice.
Seul le point de vue diffère, et c'est cela qui lui confère sa force, lui donne un intérêt historique indéniable.

Ancien étudiant des beaux arts de Berlin, Hamed a interrogé sa mère pour créer ce récit, héritant ainsi d'une histoire familiale traumatisante, et la recréant sur papier.
Ainsi en plus d'être une page de l'histoire du 20eme siècle, c'est également la biographie d'une période de la vie de sa mère.
L'influence graphique de Crumb se mêle à celles de Blain, Sacco ou même de Basquiat.
Un beau témoignage à mettre à coté d'autres bds reportage telles que "Persepolis"(évidement!), les livres de Joe Sacco ou encore de Daveaudau.
Bonne lecture!
Laurent

vendredi 23 octobre 2009

Cher lectrice , viens te faire prendre en photo à la librairie et gagne une console DSI!

Pour vous, chères lectrices, j’ai eu le privilège de tester en avant-première le jeu La Maison du Style sur DS. Ce jeu qui nous met dans la peau d’une vendeuse permet de gravir les échelons et de gérer sa propre boutique de vêtements !

maison_style

C’est véritablement mon coup de cœur de cette rentrée : La Maison du Style est en effet un jeu auquel il est difficile de résister. En quelques effleurements de stylet, on passe du stade de vendeuse à celui de gérante de boutique. De la déco aux marques des vêtements vendus, en passant par le style de notre propre avatar : tout est personnalisable.

Très complet, ce jeu pour toutes les fashioniastas de 7 à 77 ans (et au delà…) permet de s’immiscer dans le monde de la gestion d’entreprise. Gestion des stocks, augmentation de la réputation de la boutique, choix des marques, arrivée des nouvelles collection, choix de la déco, participation à des défilés… Tout est très réaliste. En tout, près de 10 000 articles, vêtements et accessoires, sont à débloquer au cours du jeu.

La gestion des clientes est particulièrement amusante : leur profil s’affiche avec leur budget. Elles expriment leur désir (par exemple, une tenue d’automne pour 250 € maxi). En fonction de son style et de son budget, il faudra lui proposer des vêtements susceptibles de lui plaire.

Le plus de ce jeu est la possibilité d’échanger des vêtements avec les copines qui possèdent aussi le jeu. Comble du réalisme, il est aussi possible d’envoyer des mailings, des prospectus et de réaliser ses vitrines.

Les + :

- Un jeu très réaliste.

- La diversité des actions le rend accessible aux jeunes filles comme aux femmes.

- L’aspect gestion d’entreprise est très intéressant.

Les - :

- Dommage, il n’existe pas encore, comme au Japon, la possibilité de jouer avec des marques réelles.

Jeu La Maison du Style sur Nintendo DS : en vente à partir du 23 octobre 2009.

Fashionistas en herbe ou confirmés, venez tester La Maison du Style sur console Nintendo DSi sur un bel espace entièrement dédié au jeu !


Pour la premiere fois, Apo (k) lyps accueille un espace habillé aux couleurs du nouveau titre Nintendo DSi : La Maison du Style. Une borne DSi est à votre disposition pour découvrir tout à votre aise ce nouveau titre qui vous plonge dans l'univers impitoyable de la mode !

Mais ce n'est pas tout ! La Maison du Style vous fait gagner des cadeaux du 15 octobre au 15 novembre.

Participez aux deux jeux-concours et gagnez des jeux mais aussi des console DSi !






Vous souhaitez participer ? Retrouvez toutes les informations sur les concours et le règlement en cliquant sur le titre.


Vous avez toujours rêvé d’ouvrir votre propre fashion store ? Alors La Maison du style est fait pour vous ! Commencez votre carrière comme simple vendeuse, puis grimpez les échelons jusqu’à ce que le directeur vous remette les clés de votre boutique de mode. Gérez vos stocks, prodiguez des conseils à vos clientes et faites fructifier votre affaire en choisissant vos collections !

Vous pouvez même enfiler le costume de directeur artistique et participer à de véritables défilés. La Maison du style est aussi un jeu interactif, connectable à Internet par Wi-Fi. Et grâce au mode multi-joueurs vous pouvez discuter et échanger des objets avec d’autres passionnés de mode. Imaginez-vous dévalisant les boutiques virtuelles du monde entier !


PARTICIPATION
Ce jeu est gratuit, sans obligation d’achat, et est ouvert à toute personne physique résidant en France
Métropolitaine (Corse incluse) à l’exception des membres de la société SEFA EVENT, NINTENDO, LA
BOITE COM’, SCP TEBOUL, NIVOLLET, FRANQUEVILLE, Huissiers de Justice Associés et les membres de
leur famille. Ce jeu est limité à une seule participation par personne (même nom, même prénom, même
adresse postale, même adresse e-mail, même numéro de téléphone portable).
La participation à ce jeu implique l’acceptation entière et sans réserve du présent règlement. La
participation de tout résident d’un autre pays que la France Métropolitaine (Corse incluse) ne pourra
être prise en compte.
Toutes les éventuelles difficultés pratiques d’interprétation ou d’application seront tranchées par la
société organisatrice, SEFA EVENT et en cas de désaccord par NINTENDO, LA BOITE COM’ et le SCP
TEBOUL, NIVOLLET, FRANQUEVILLE, Huissiers de Justice Associés.
Les coordonnées et les réponses incomplètes, non conformes au règlement ou reçues après la date
limite de participation ne seront pas prises en considération.
En dehors des demandes de règlement, il ne sera répondu à aucune demande écrite ou téléphonique
concernant le fonctionnement de ce jeu-concours.

Le jeu est ouvert du jeudi 15 octobre au dimanche 15 novembre 2009.
Ce jeu est gratuit et sans obligation d’achat. Il est annoncé dans les magasins participant à l’opération
via un flyer et une affiche, ainsi qu’en rappel dans la newsletter NINTENDO du vendredi 9 octobre 2009.
La société SEFA EVENT se réserve le droit de reporter, de modifier, d’annuler ou de renouveler le jeu et
les dotations mises en jeu si les circonstances l’exigent. En tout état de cause, sa responsabilité ne
saurait être engagée à ce titre.

Pour participer au sujet, il suffit de prendre en photographie sa tenue vestimentaire sur le thème
« Soyez la plus stylée des fashionistas » devant la silhouette à l’effigie du jeu vidéo « LA MAISON DU
STYLE » mise à disposition dans les magasins participant à l’opération et de faire parvenir la
photographie à SEFA EVENT par e-mail, par MMS ou par la poste.
Une seule photographie par participant est admise (même nom, même prénom, même adresse postale,
même adresse mail, même numéro de téléphone portable).

Trois modes d’inscription au jeu sont possibles :
1) Par e-mail
Le participant envoie sa photographie prise devant la silhouette à l’adresse suivante, avant le 15
novembre 2009 minuit (date de réception de l’e-mail faisant foi): lamaisondustyle@sefa-event.com
Le participant indique dans le corps du message envoyé les informations suivantes :
- Nom (obligatoire)
- Prénom (obligatoire)
- Adresse postale (obligatoire)
- Numéro de téléphone fixe ou de téléphone portable (obligatoire)
- Adresse e-mail (obligatoire)
- Le nom du magasin dans lequel la photographie a été prise (obligatoire)
- La ville du magasin dans lequel la photographie a été prise (obligatoire)
2) Par MMS
Le participant envoie sa photographie prise devant la silhouette à l’adresse suivante, avant le 15
novembre 2009 minuit (date de réception du MMS faisant foi) : lamaisondustyle@sefa-event.com
Le participant indique dans le corps du message envoyé les informations suivantes :
- Nom (obligatoire)
- Prénom (obligatoire)
- Adresse postale (obligatoire)
- Numéro de téléphone fixe ou de téléphone portable (obligatoire)
- Adresse e-mail (obligatoire)
- Le nom du magasin dans lequel la photographie a été prise (obligatoire)
- La ville du magasin dans lequel la photographie a été prise (obligatoire)
3) Par courrier postal
Le participant envoie sa photographie prise devant la silhouette par courrier à l’adresse suivante, avant
le 15 novembre 2009 minuit (cachet de la poste faisant foi) :
SEFA EVENT - CONCOURS PHOTO « LA MAISON DU STYLE » - 40 boulevard de Nesles - 77 420 CHAMPS
SUR MARNE
La photographie doit être accompagnée des renseignements suivants recopiés sur papier libre :
- Nom (obligatoire)
- Prénom (obligatoire)
- Adresse postale (obligatoire)
- Numéro de téléphone fixe ou de téléphone portable (obligatoire)
- Adresse e-mail (obligatoire)
- Le nom du magasin dans lequel la photographie a été prise (obligatoire)
- La ville du magasin dans lequel la photographie a été prise (obligatoire)
Toute inscription incomplète ou inexacte entraînera la nullité de la participation.
De même, une seule participation par personne est prise en compte (même nom, même prénom, même
adresse postale, même adresse e-mail, même numéro de téléphone portable).
La société organisatrice se réserve le droit de refuser toute photographie qui ne correspondrait pas au
thème « Soyez la plus stylée des fashionistas » du concours photo et/ou choquante et/ou qui porterait
atteinte de quelque façon que ce soit à l’intégrité et la dignité des personnes.

DESIGNATION DES GAGNANTS
Chaque responsable de magasin élira une photographie gagnante parmi l’ensemble des participations
valides, effectuées dans son magasin, conformes au présent règlement et reçues par e-mail, par MMS
ou par la poste avant la date limite de clôture du jeu, fixée au 15 novembre 2009 minuit (le cachet de la
poste ou la date de réception de l’e-mail ou du MMS faisant foi). Un gagnant par magasin sera ainsi
désigné.
Si l’un des responsables de magasin ne pouvait assurer ce rôle pour quelque raison que ce soit, la
société organisatrice se réserve le droit de le remplacer par toute personne de son choix.
Les photographies gagnantes seront celles que les responsables des magasins participants auront estimé
être les plus originales et les plus proches du thème « Soyez la plus stylée des fashionistas » en rapport
avec l’univers du jeu vidéo « LA MAISON DU STYLE ».


La meilleure photographie de chaque magasin se verra récompensée par les prix suivants :
- Une console Nintendo DSi d’une valeur de 169,90 €
- Un jeu vidéo pour Nintendo DS « LA MAISON DU STYLE » d’une valeur de 39,90 €

mercredi 21 octobre 2009

HP Tome 1- Asile d'aliénés


Toujours friand de récits de vie, je me suis plongé dans la lecture d'une nouveauté de l'Association: "L'Asile d'aliénés" de Lisa Mandel. Cette bande dessinée raconte la vie de cinq infirmiers en psychiatrie dans les années 1968 - 1973.

La B.D. se situe dans un contexte particulier qui nous semble insupportable: L'hopital psychiatrique des années 70. L'H.P. à cette époque est dans une période charnière, il y est utilisé à la fois d'anciennes techniques désormais dépassées (trépanation, etc...) et des techniques révolutionnaires mais qui aujourd'hui ont été abandonnées. Certaines scènes nous mettent véritablement mal à l'aise, que ce soit l'utilisation d'électrochoc, la sur-médicamentation ou certains comportement d'infirmiers.

L'ensemble de l'ouvrage nous permet de relativiser ces événements. L'humour est très présent, les protagonistes semblent dépassés par l'ampleur de leur tache, l'époque se prêtait à ce genre de comportement, etc... De plus certaines de ces pratiques ont encore cours aujourd'hui, généralement parce qu'aucune autre solution n'a été trouvé.

C'est une bande dessinée qui nous fait sourire, qui nous fait réfléchir et qui nous informe. Alors, même si l'on peut se sentir mal après certains passages, l'ensemble de l'œuvre porte un regard réaliste sur les soins en psychiatrie de cette époque. A la fois documentaire et témoignage sur un univers.

Et ce qu'on retient au final, c'est l'importance de l'humanité des personnages dans ce genre d'établissement, que ce soit positif (attention aux patients, gentillesse, compassion...) ou plus négatif (moquerie, abus, etc) Cependant, on ne tombe jamais dans l'excès et c'est ce qui apporte un équilibre à la BD, ce qui en fait un ouvrage de qualité.
Plus complet que "Vol au dessus d'un nid de coucou"dans sa description du "monde" psychiatrique, mais tout aussi drôle et intense.
Cet ouvrage est le premier d'un triptyque qui nous conduira jusqu'à l'état actuel des H.P.

HP Tome 1 : L'asile d'aliénés
Lisa Mandel
L'Association, collection Espolette
13€

jeudi 15 octobre 2009

Arrête d'oublier de te souvenir


Ce mois d'octobre est riche en parution de bandes dessinées américaines. On a tout d'abord eu droit à l'excellent "Plus cool tu meurs", la nouveauté d'Alex Robinson éditée "sous le signe noir de Rackham" et, pleinement satisfait de cette lecture, on attendait pas vraiment quelque chose dans la même veine si rapidement...

C'est donc avec une certaine appréhension que j'ai pu commencer à lire (moi, Rémi, modeste apprenti libraire dans cette belle structure qu'est Apo(k)lyps) "Arrête d'oublier de te souvenir" de Peter Kuper édité chez "Ça et Là".

L'appréhension fût bien vite chassée par l'impatience. Rien qu'en feuilletant la BD, on sait tout de suite qu'on tient dans nos mains un très bon moment de lecture à venir. Les dessins sont superbes, alternant le noir et blanc et le "sépia et blanc", la ligne est agréable et l'agencement des cases semble varier selon les situations.

La lecture confirme et explique ces choix graphiques. On est plongé dans une autobiographie qui nous entraine dans la vie de l'auteur (les passages en noir en blanc) entrecoupés de flashbacks (en sépia en blanc) qui ont toujours un lien avec ce qui se passe dans le présent.

Peter kuper nous emmène sur les traces de sa jeunesse, les difficultés rencontrées pour avoir sa première relation sexuelle, ses déboires amoureux, les amitiés forgées au fil du temps, les années folles des 70' où la drogue fait partie de la vie, sa passion incomprise (sauf de ses amis) pour le comics, etc... Le tout mis en contraste avec sa vie actuelle, beaucoup plus rangée et sérieuse. Mais son présent comporte également son lot d'aventure. En effet, c'est toujours compliqué de se préparer à être père... Et c'est ensuite encore plus complexe de vivre avec un bébé quand on est attaché à une vie de liberté. Et quand deux avions viennent frapper de célèbres tours jumelles, la vie semble bien différente par la suite...

Véritablement l'œuvre d'une vie, "Arrête d'oublier de te souvenir", nous rappel à tous des moments de vie ou nous plonge dans ce qui risque bien de nous arriver... Alors, que vous soyez nostalgiques de votre adolescence, que vous soyez jeune parent ou que vous rêviez de découvrir la vie d'un jeune américain des années "Sex Drugs & Rock&Roll" à aujourd'hui, plongez-vous immédiatement dans cette BD bourrée d'humour et d'émotions.

vendredi 9 octobre 2009

j'écoute Dylan en lisant un manga, part.2


La suite et fin, enfin j'espère...
il parait que mes phrases sont trop longues , je vais y penser.
Alors donc tout ça pour ça et donc je vais essayer de parler de"Heaven's Door".
Voila le résumé trouvé au détour du web:
Deux androïdes victimes d’une « panne » vivent une histoire d’amour dans le même rêve. Un jeune garçon trop distrait voit s’écouler une journée en l’espace de quelques minutes. Suite à la consommation d’une drogue étrange, un homme se retrouve prisonnier d’un rêve sans fin… Ce n’est qu’un aperçu des histoires fantastiques, terrifiantes, poétiques ou bouleversantes que nous raconte Keiichi Koike, le génial auteur d’Ultra Heaven. Une plongée indescriptible et vertigineuse dans l’univers du temps et de ses paradoxes, par le nouveau maître du genre, digne successeur de Katsuhiro Otomo (Akira) et figure prometteuse du manga d’anticipation.

Et comme j'ai la flemme aujourd'hui, je vous contenterai de ce résumé ( c'est pas comme ci on nous lisait....)

Keiichi Koike est un dessinateur et scénariste talentueux, qui réussit à me faire lire un autre manga qu'"
Eden" et c'est pas rien!
A l'heure ou les petits occidentaux rêvent d'Asie et ignorent la culture de l'image européenne, lui nous balance dans la gueule toute ses références en faisant des histoires bien foutues, drôles et intelligentes!
Je ne vais pas vous citer celles que j'ai remarqué ( t'as qu'à lire le post précédent!), mais je suis sur que mon admirable inculture m'en a fait louper quelques autres.

Ce recueil est un bijou de sf, et les histoires donnent à entrevoir le talent de narrateur de ce mec!
Chacune des histoires qu’il nous conte dans cet ouvrage explore un style plus ou moins différent des autres. Le fantastique croise la science-fiction, le commun se mélange à l’irréel. Les récits abordent également des différences de ton. Certains n’ont à priori pas de message à transmettre, d’autres ont une portée psychologique, émotionnelle ou quasi spirituelle. L’ensemble présente quelques inégalités d’intérêt mais la moyenne place la barre assez haut.
Outre ses scénarios complexes, Keiichi Koike brille aussi par ses talents graphiques. Parfois traditionnel, le découpage explose soudain pour laisser place à des expérimentations narratives entrainant alors le lecteur dans des délires hallucinés. Ces trips visuels et scénaristiques surprennent, mais leur force est telle qu’ils nous offrent des expériences fascinantes. Le mangaka sait aussi nous prendre par surprise en changeant de registre dans une petite série de gags totalement délirants, gardant toujours la petite touche Underground.

Bon! Et le rapport avec un karatéka à NYC?
Y'a bien une histoire assez trippé qui ce passe à NYC, et j'y ai vu un clin d'œil à Monsieur Otomo, mais c'est peut être parce que je prends de l'ultra heaven?

Ça va? Bref? Con?Si?

vendredi 25 septembre 2009

J'écoute Dylan en lisant un manga






J'adore Mr Otomo,

en sortant du club Dorothée, ce retrouver au ciné pour voir Akira, ça fait comme un choc.


Depuis j'ai lu le manga, la version us( couleur et censuré) la version japonaise( noir et blanc non censuré), et puis pas grand chose ne m'a fait frissonner et voyager autant que le travail de Katsuhiro Ōtomo, plus sauf peut être le boulot de Keiichi Koike.

Katsuhiro Ōtomo est passionné par le monde de la bande dessinée et du cinéma.
Un peu comme moi, la grande différence tient surtout à la qualité de ses dessins et à son univers.
Un peu comme moi, non je rêve les yeux ouverts.
Sa première histoire d'envergure est publiée en 1977. Intitulé Sayonara Nippon, ce manga raconte les aventures d'un karatéka à New York.
Amusant, vous allez comprendre pourquoi!

Akira commence à être publiée dans Young magasine en décembre 1982 . Brassant avec talent des thèmes classiques de la science-fiction, comme la manipulation psychique, la contre-utopie, dans un univers post-apocalyptique parfaitement dressé, Ōtomo, désormais totalement débarrassé de l'héritage de Tezuka qui marquait depuis les années 1950 la production japonaise de bande dessinée, « réinvente la bande dessinée à son propre compte »
Je pense que Keiichi Koike maitrise l'oeuvre d'Otomo sur le bout des doigts.
Akira fait parti des premiers mangas traduits en français et ne pas lire Akira sous prétexte que c'est un manga, c'est juste reconnaitre que l'on n'aime pas la bd, et que seuls les ignorants peuvent se permettre de dire des conneries.
Tout ça pour dire que quand Ultra heaven a été traduit par Glénat( encore eux, tiens?), le titre m'est passé à coté, je ne l'ai lu que quelques mois après, et la je me souvenu ce que j'aime chez Otomo, un trait, des décors, un univers , le futur, la critique de notre monde...
Ultra heaven peut sembler être une histoire d'Otomo, le jour ou Otomo consomme du lsd à la place de Chocapik, mais c'est surtout un graphisme bluffant que restitue l'imagination surpuissante de son auteur.
Dans un monde futuriste où l’usage des drogues est encouragé par tous les médias, un homme, toujours en quête de sensations fortes, recherche la drogue ultime, celle qui abolirait les frontières entre rêve et réalité. Sa quête le mène jusqu’à l’Ultra Heaven, une substance d’un genre nouveau, tellement expérimentale qu’elle ne circule que sous le manteau. Il décide de la tester, sans imaginer les conséquences que ce choix aura sur sa vie…
On pourrait alors croire que son scénario ne sera qu’un apprentissage des drogues, ponctué par un suite de poncifs qui ne laisserait au lecteur que peu de place à la réflexion. Il n’est heureusement rien. Même s’il évoque peu le futur dans lequel il situe l’action, on saisit rapidement la critique du système mis en place : une dépénalisation réglementée pour satisfaire la demande des salarymen, trop las pour tromper autrement leur ennui. Mais plus loin encore, Ultra Heaven est une recherche sur les sensations de chacun, et sur les raisons de cette évasion artificielle.
Loin des mangas linéaires, décomposés en chapitres facilement assimilables, et parfois dénués de construction avancée, le récit présente un schéma de plus en plus complexe, voire torturé, pour entraîner le lecteur dans la confusion et la panique du héros. On perd graduellement le peu de repères posés par le début de l’histoire et par une trame initialement basique ; on tombe dans une suite saisissante de tableaux alternant onirisme et réalisme sans pouvoir distinguer avec certitude l’un de l’autre. Malgré cette déstructuration du récit, on suit l’ensemble avec frénésie, devenant même accro pour tenter de percevoir le vrai du faux, pour autant que la chose soit possible.

Un peu de Moebius, un peu de Boucq, des éléments de science-fiction 70’s, quelques soupçons d’Akira, le tout sur un fond psychédélique où se côtoient trip hallucinogène et méditation transcendantale assistée par ordinateur, voilà le cocktail risqué que nous propose Keiichi Koike. Le plus étonnant, au premier abord, c’est le rendu visuel et graphique d’états de conscience altérés.

Côté graphisme, on est tout aussi bien servi ! Doublant le caractère ambigu du scénario, les planches présentent un découpage tantôt régulier, tantôt particulier jusqu’à devenir un amalgame d’images figurant l’incohérence sensorielle du héros. Cela rappelle les premiers découpages avant-gardistes d’Andréas, mais surtout certains récits de Moebius et de Georges Bess. On est réellement aspiré par ce flot de dessins, tournant les pages pour souffler dans les moments calmes, mais pour se rendre compte que l’apparence quiétude n’était qu’un leurre. Le second tome pousse encore plus loin ce principe fou en doublant le trip chimique à la technologie pour amplifier les niveaux de conscience. S’ensuit alors un très longue scène prenant presque tout le volume, mais qui n’apparaît durer qu’un faible temps, tant on se sent entraîné dans leur voyage psychédélique.

Véritable expérimentation, le manga, sur une trame mouvante dans laquelle on suit le personnage"marginal" et au fond désespéré, nous livre des moments et des visions délirantes, avec une acuité et une maîtrise de la logique à la bande dessinée étonnante ; jamais la succession des cases n’avait autant rendu la folie et ses détours. Des bras absorbés par des murs, des milliers de follicules qui rampent, la perception du temps qui vacille.

Vous l’aurez compris, ce récit ne s’adresse pas à tous les lecteurs : il faut pouvoir suivre l’auteur dans ses délires scénaristiques et graphiques tout en ne prenant pas au pied de la lettre ce monde dénué de tabou sur la drogue. Ce manga est fumé, souvent compliqué à suivre, mais vraiment intéressant, pour ne pas dire
hallucinant !

Mais attention, plus qu’une simple expérience de la drogue, Ultra Heaven est aussi la description d’un avenir tout à fait cohérent et réaliste. Là où le personnage principal est à la recherche de l’expérience ultime, celle qui lui permettra d’échapper à l’ennui fade de tous les jours, la majorité de la population, elle, se contente de supporter le quotidien morbide et ultra contrôlé du futur.
La police est à la fois discrète et omniprésente, tout comme la pub et les médias, l’humain moyen est un cadre sans histoire, dont la seule soupape de sécurité est l’utilisation d’une forme moins dangereuse et légalisée de drogue. En effet, plus personne ne va « boire », c’est trop imprécis, ça comporte trop d’effets secondaires non désirés. Les « pompes », pour injection rapide, contrôlent beaucoup plus efficacement les débordements de l’affect. Plus besoin dès lors de se soucier de l’insatisfaction, de la dépression et des autres dérèglements de la psyché, tout un chacun peut se rendre productif et efficace sans se laisser distraire.

Pourtant, si ces narcotiques inoffensifs sont une garantie de bonne humeur continuelle, tour à tour détendue et besogneuse selon l’envie, ils n’en rendent l’ensemble du monde que plus insupportable aux yeux de ceux que la réalité plate ne satisfait plus. Tel notre héros, prêt à se détruire, qui flaire l’arnaque derrière l’idée qui consiste à croire que tout ce que l’homme peut espérer de mieux, c’est de vivre une vie sans histoire, se conformer aux autres à travers un travail et une famille exemplaires et se détendre dans un bonheur vaguement artificiel.

Dans cet Amsterdam nippon, le héros correctement dégénéré s'adonne à l'autodestruction par l'exploration systématique des terres artificielles autorisés.
La trame qui lorgne vers un Philip K. Dick bien assimilé est l'occasion pour le créateur de laisser libre cours à son inspiration européenne (Moebius et Manara)... qui s'étale ici en audacieuses compositions dynamiques.

Ultra Heaven est manga riche qui vaut le détour !

quel est le rapport avec un karatéka à nyc, ou que j'écoute Dylan?

réponse au prochain post.

samedi 19 septembre 2009

fichtre de lecture!





Hihihi,
on a un nouvel ordinateur et pratiquement toute la librairie est en mode douchette, mais on trouve tout de même le temps de lire, et surtout de donner son avis éclairé à la lampe à huile sur deux trois belles sorties de la rentré, alors on lâche le Beigbeder et on se précipite pour lire la plus belle chose qui est arrivé ces 15 derniers jours, à savoir le subtil et intriguant "Pachyderme" de Frederik Peeters, éditer par Gallimard pour la modique somme de 16.50€.

Si un lecteur me connait(je suis Laurent, bonjour!), il va se dire que je n'ai plus que ce nom à la bouche, si vous êtes passé une fois à la boutique et que je n'ai pas essayer de vous mettre un (ou plusieurs) exemplaire des "Pilules bleues" dans votre sac c'est sans doute parce que je n'avais pas encore avaler la mienne, de pilule, pas de sac. On ne raconte pas "Pachyderme", on le lit, on le dévore, on le relit, et on en rêve. Il est en effet question de rêves, d'espionnage, d'amour, d'existence, de vie, de la Suisse, des années 50, d'une femme, d'un homme, d'un hôpital et d'usagers. Il est effet question d'un pachyderme et de pleins d'autres dermes. Ceux qui ont découvert Peeters avec "RG" vont peut être pas accrocher, mais ses lecteurs d'avant, ses lecteurs qui connaissent Atrabile, qui ont lu "Lupus", "Ruminations" ou encore "Koma", ceux la vont comme moi adorer ce livre, lui construire une estrade et l'acclamer! L'histoire, les couleurs, le découpage, les personnages, tout est simplement magnifique!

Frederik Peeters signe son livre le plus déroutant à ce jour, un Pachyderme où l’on peut rapidement perdre pied . Un récit mêlant espionnage, rêves étranges et ambiances fantastiques. Un freak show mental.(actuabd.com)

Les premières planches plongent immédiatement le lecteur dans un monde surréaliste: un éléphant couché bloque la circulation, une sorte d’énorme fœtus fait coucou de la main, un hôpital mi rassurant mi inquiétant surgit de la forêt. On est presque plus chez Bunuel que chez Lynch…
Car on a tendance à comparer ce petit bijou aux films de Lynch...

L'action se situant dans l'immédiat après-guerre en Suisse, on ne s'étonnera qu'à moitié du fait que la déambulation interloquée de la jeune femme soit parasitée par une rocambolesque affaire d'agents secrets au parfum de guerre froide.
Chez Frederik Peeters, le fantastique est une pente naturelle. Mais l'insolite, l'absurde, l'inquiétant même, ne sont que les composantes d'une fantaisie pointue, parfois déroutante, toujours incisive. Et quand la vérité se profile aux ultimes soubresauts de cette aventure, on admire sans réserve le talent d'un manipulateur hors pair : un inattendu portrait de femme était caché dans ce récit tout en trompe-l'œil virtuose. Que fait-il là, dès la deuxième planche, cet éléphant couché, inanimé (mort ?), au milieu de la route ? A coup sûr, il crée un embouteillage.
Mais encore ? Patience, car des questions, on n'a pas fini de s'en poser. Comme l'héroïne, qui, pénétrant dans l'hôpital où son mari a été transporté après un accident, est illico embarquée dans une sarabande où chacun, patient, infirmier (infirmière ?) et même défunt soudain ressuscité, semble avoir un petit grain. Mais ce n'est rien en regard des extravagances mousseuses et un brin pathétiques du vieux beau alcoolique qui tient lieu de chirurgien star de l'établissement. Un florilège de personnages touchants mais "hallucinés"!
Carice Sorrel va être confrontée à une kyrielle de personnages intrigants, doubles d’elle même, agents secrets en fuite, faux médecin, véritable amoureuse transie… Jusqu’à douter de sa propre existence. Dans cet album déroutant, récit à tiroirs sur les choix de la vie, l’auteur nous entraîne dans la foulée de Carice Sorrel. Sur le chemin qui la mène à l’hôpital, elle est arrêtée par un éléphant couché sur la chaussée( je crois que vous l'avez compris!). L’irruption de cet imposant animal est le point de départ d’un basculement lent, méticuleux et total vers le fantastique.Une longue série de bizarreries, spirale émotive qui aura sur elle des effets vertigineux. Sa vie va changer.

Quel que soit le genre que Frederik Peeters aborde, c’est à un voyage intérieur qu’il convie ses lecteurs.
Que ce soit avec la bouleversante histoire d’amour avec sa compagne séropositive (Pilules bleues, un best-seller d’Atrabile traduit dans dix langues), avec une science-fiction plus intimiste que galactique (Lupus, une série primée à Angoulême), avec le monde souterrain peuplé de monstres de Koma (scénarisé par Wazem) ou avec Pachyderme

Chaque nouvel album de Frederik Peeters est un événement. Après les magistrales séries Lupus et Koma, et l’épatant diptyque policier R.G.

On va toujours chercher l’exotisme ailleurs, alors qu’on peut rendre un pays comme la Suisse suffisamment exotique pour faire un bon décor. Par l’ambiance, la lumière, le silence, un certain confinement… Et ce choix colle avec la protagoniste, qui cherche à s’extraire d’un milieu grand bourgeois un peu pincé.Cela ne se réduit pas à un rêve car sinon le lecteur se sentirait vite exclu d’un univers qui n’est pas le sien. On peut voir Pachyderme comme un songe bâti pour qu’on ait envie de tourner les pages.
Quand on vous dit que c'est bien , faut nous croire!



mardi 15 septembre 2009

TOYZ tOyz Toyz!
















La semaine prochaine , nous allons recevoir quelques nouveaux toys!
du DIY , du cheschire...
passez en boutique dans le courant de la semaine pour découvrir tout cela!
à bientot!

mercredi 2 septembre 2009

ouvert

jeudi 23 juillet 2009

la premiere partie de l'album de Toki enfin dispo en ligne!

Cliquez sur le titre pour acheter la première partie des chroniques de l'ombre!

mercredi 22 juillet 2009

local







Yup!

ça fait longtemps?
oui, je dormissai depuis la fin de la "Comic'con"(^^)
une minuscule note pour vous parler d'une bd que je ne vends meme pas, mais je peux la commander si ça vous tente!
ça va vous tenter, ça s'appelle LOCAL, c'est de Brain Wood et Ryan Kelly, paru chez Oni Press et dispo en hard cover au doux prix de 29.99$, soit 29.99 € chez nous.
Alors donc c'est en anglais, c'est en noir et blanc, ce sont 12 histoires avec le même personnage principal et ça claque!
Bon je sens que je dois développer sinon personne ne va le lire.
Déjà les auteurs:
Brian Wood est l'auteur, entre autre, de DMZ (dispo chez Panini), ça vous dit un truc ?
en plus c'est un mec cool et facile d'accès, je l'ai rencontré à NYC en juin dernier(note: je dis cela juste pour me la raconter!), dans une convention , il vendait lui même ses comics, à discuter avec moi, il a un bon coup de crayon et j'espère qu'il viendra un jour en France, surement invité à Angouleme quand "Local" sera édité de part chez nous! Brian Wood, un brillant auteur, illustrateur et designer graphique qui a longtemps travaillé dans l’industrie du jeu vidéo (GTA, Max Payne…).
Donc revenons au sujet à savoir "Local";
L'histoire de Megan McKeenan, qui fugue de Portland avec rien d'autre que son sac à dos.

12 histoires interconnecter qui la font apparaitre à différent moments de sa vie, dans sa fuite désespéré vers un hypothétique "chez elle"
12 nouvelles qui décrivent l'Amérique de long en large, de haut en bas, des rednecks à NyC, en passant par Toronto(Canada).
Le dessin est de Ryan Kelly (american virgin vous connaissez pas?)et le noir et blanc lui va bien! ses visages me font penser a Pau Pope et y'a pire comme comparaison, le dessin suinte les nineties et tout cela sans fioritures, sans sur jeu, c'est propre, sobre et classe!

les images ne sont bien sur pas dans l'ordre, mais franchement personne ne peut rester indifferent, tout cela me donne envie d'écouter Soul Asylum, Runaway train...
et la petite vidéo qui suit est l'adaptation d'une des nouvelle...

mardi 14 juillet 2009

Imaginary toyz

Dans la liste des blogs et liens amis , cliquez sur celui d'Imaginary toyz, et laissez des messages pour qu'il soit rapidement complété par les fantastiques imaginary toyz de son créateur!

vendredi 19 juin 2009

on peut sortir?



Du 2 au 5 juillet à lieu pour la première fois en France une comic con à l'américaine, pleine de ketchup!
Du 2 au 5 juillet à lieu un tour de passe passe magic johnson puisque la librairie est ouverte mais aussi présente au salon, pardon au comic-con (soit comic- convention, soit un méga bordel de geek attitude mais pas non plus comme à San - Diego, il a fallut 40 ans pour y arriver, ni comme celui de New York, parce que Paris ça s'écrit pas en deux mots)
Donc on aura minuscule stand, pour vendre du comics en fascicule ( et on a été faire notre marché cette semaine en ultimate(s) et variés, en marvel icons, et autres heroes...)
pleins de produits dérivés(marvel legends et autres variantes action figures watchmen...)
et puis p'tre aussi des art toys...
donc viendez pour dire à vos enfants que vous y étiez à la premiére!

mardi 2 juin 2009





des bds qui parlent de bd en bd?
Oui, ça existe et parfois c'est même très bon!
Prenons deux auteurs au hasard(non pas vraiment au hasard puisque c'est de eux deux dont traite ces lignes), à savoir Scott McCloud et Alex Baladi.
Le premier est l'auteur (entre autre) de "l'art invisible" et le second (entre autre)de "encore un effort", deux ouvrages dont la lecture est indispensable pour tout ceux qui veulent se frotter(un jour ou plus) au 9eme art.
"L'art invisible" est un ouvrage qui explique et catégorise la bande dessiné, certains appellent ça un "essai"...
Astucieusement déguisé en bande dessinée facile à lire, le livre de Scott McCloud explique simplement le langage de la bande dessinée.

Un livre sur la bande dessinée et en bande dessinée, cet ouvrage propose la réflexion de l'auteur sur la bande dessinée, ainsi qu'une "grille de lecture" au lecteur désireux d'approfondir sa compréhension et sa réflexion sur le sujet. Cet ouvrage, de même que "Réinventer la bande dessinée", est assez exceptionnel.
L'auteur expose quelques pistes pour mieux comprendre (ou pourquoi pas faire !), et par là-même apprécier la bande dessinée, et toutes sont intéressantes. Elles ne manqueront pas de faire réagir et réfléchir le lecteur. On peut bien évidemment être plus ou moins d'accord avec l'avis de Scott McCloud, mais ce livre est une base de réflexion vraiment digne d'intérêt. L'auteur le souligne d'ailleurs lui-même, espérant susciter un débat sur la vision de la BD, ses moyens, son avenir.
Si certains pourront regretter (et encore, le terme est fort), des répétitions et un défonçage de quelques portes ouvertes (en Europe, en tout cas), cet ouvrage est tout simplement indispensable au lecteur qui veut (mieux) comprendre le monde de la bande dessinée, et ses bandes dessinées.
Qu'il nous parle du temps qui passe dans une bd (l'espace est à la bande dessinée ce que le temps est au cinéma), de l'espace magique entre les cases, là où tout se passe, ou de l'apport narratif des mangas, il tombe toujours très (très) juste et certains passages nous font dire "Bon sang mais c'est bien sur" (comme dirait l'autre).

Qu'on soit lecteur du dimanche ou lecteur confirmé ou simplement amoureux de bd, c'est un bonheur de voir clairement mis en lumière des mécaniques qui nous sont si familières qu'on en oublie qu'elles existent.
Scott McCloud prouve par l’exemple ce qui n’était pas une évidence : la bande dessinée peut être didactique. L’art invisible est même un album très vivant, une démonstration abondamment illustrée (c’est le cas de le dire) du potentiel du « neuvième art ».

Bien sûr, Scott McCloud se base essentiellement sur des exemples issus des "comics américains", mais il pioche aussi dans la "BD européenne" et dans le manga. Sans parler des pages historiques où il remonte aux égyptiens, aux incas et à la tapisserie de Bayeux.

Bref, c’est l’ouvrage indispensable pour « s’instruire en s’amusant » !
Qu'une bande dessinée parle du médium bande dessinée sous l'angle dirons nous théorique était un point de départ tout à fait intéressant. L'ouvrage de Scott McCloud a ses qualités: il est facile d'accès, c'est un ouvrage de vulgarisation de certaines théories, il explique très bien les mécanismes qui font de la bande dessinée un art 9ème.
Il ne s’agit pas du premier essai sur la bande dessinée réalisé sous la forme d’une BD car Will Eisner en a réalisé un auparavant mais qui s’attachait plus à montrer certains principes et techniques que d’élaborer une analyse générale (La bande dessinée, art séquentiel, 1985). C’est d’ailleurs cet ouvrage qui est à l’origine de L’Art invisible.
En un peu plus de 210 pages L’Art invisible cherche à proposer une définition de la bande dessinée, s’attache à présenter le vocabulaire de celle-ci puis passe en revu ses caractéristiques : l’ellipse, la gestion du temps, le dessin, la place du texte. Ensuite, Scott McCloud s’attache à élargir un peu son propos sur l’élaboration de la bande dessinée et la mise en couleur avant de conclure. Le tout est proposé de façon très didactique et cherche à être le plus compréhensible possible. Il y a un réel souci de vulgarisation et de pédagogie qui est parfaitement rendu.

Tous les chapitres ne sont pas de la même qualité. Le premier consacré à l’histoire et à la définition de la bande dessinée est un peu faible car cherchant peut-être à englober un peu trop d’œuvres dans le champ de la BD. Le codex précolombien, la tapisserie de Bayeux ou les récits en gravures d’Hogarth ne sont pas de la bande dessinée même s’il s’agit de récits graphiques. Cependant, ce premier chapitre, malgré ses faiblesses dues principalement au fait qu’il aurait eu besoin de plus de développements, passe en revue les principaux enjeux d’une définition et donne une certaine assise à la suite du livre.

Le deuxième chapitre a le défaut d’être un peu trop théorique mais il pose les bases indispensables à compréhension de ce qu’est une bande dessinée et de l’importante variété de formes qu’elle peut prendre. Il faut donc un peu s’accrocher si on a pas trop l’habitude de lire des ouvrages théoriques car il est un peu long (36 pages). Ceci dit, l’effort demandé n’est pas insurmontable et c’est illustré avec beaucoup d’à propos. Cependant, si on a compris quel était le vocabulaire de la bande dessinée, notamment en distinguant l’image et le texte et en précisant les notions de réception / perception et les différents degrés entre la représentation de la réalité par l’image et le texte, il reste encore à voir comment ce vocabulaire est mis en œuvre.

Les chapitres 3 à 6 permettent de comprendre comment la bande dessinée fonctionne, quelle est sa grammaire. Ainsi, Scott McCloud attire note attention sur l’espace inter-iconique appelé aussi gouttière (le blanc entre deux cases d’une planche de BD) et l’importance de l’ellipse dans la narration. Les 34 pages consacrées au sujet sont formidables de clarté et constituent, à mon avis, la meilleure partie de l’essai. On peut apprécier tout particulièrement une tentative d’explication des spécificités narratives du manga. L’excellent quatrième chapitre consacré à la gestion du temps est plus court et se focalise sur la façon de rendre celui-ci sous la forme figée d’un ensemble de dessins sur une page ou même à l’intérieur d’une case. Ensuite, un chapitre assez court rappelle quelques vérités sur le dessin et la représentation des sentiments, sensations sous forme graphique. De nombreux fans de dessins léchés auraient bien intérêt à lire tout particulièrement cette partie afin de comprendre que non, l’auteur qu’on admire n’est pas si bon que cela et qu’en fait, c’est peut-être un tâcheron même s’il est excellent illustrateur.

C’est ensuite que L’Art invisible commence à perdre un peu de son intérêt. Heureusement, on n’est plus très loin de la fin, ce qui fait que cette baisse est sans réelle importance, le principal ayant été dit. Le chapitre 6 est pourtant important pour une bonne compréhension de la bande dessinée car il est consacré à l’interdépendance du texte et de l’image. Malheureusement, toute la première partie est assez théorique, plutôt nébuleuse et se contente souvent d’enfoncer quelques portes ouvertes. C’est seulement ensuite que l’auteur propose des cas concrets avec différents types de textes en exposant leur fonction narrative. J’aurai préféré une démarche inverse, partir du concret pour aller vers une théorie plus globale.

Le chapitre suivant sur le processus de création d’une BD expose là aussi une série de lieux communs et rappelle quelques évidences. Cela peut toujours intéresser les apprentis auteurs mais risque surtout de laisser de marbre les simples lecteurs. La courte partie sur la couleur est intéressante mais le thème est survolé un peu trop vite. Surtout, on continue à s’éloigner trop d’une théorie de la bande dessinée et des mécanismes nécessaires à sa compréhension. Enfin, un dernier chapitre propose une conclusion en résumant les propos de l’auteur. On a l’impression que Scott McCloud a peur de ne pas avoir été assez clair et essayer de re-expliquer autrement ses idées à grand renfort de pages très graphiques. À moins qu’il applique un principe pédagogique bien connu : celui de la répétition.

Il reste, malgré une fin moins intéressante, que l’ouvrage est indispensable pour qui cherche à mieux comprendre pourquoi il apprécie la bande dessinée et comment elle est construite. Il est amusant, puis, petit à petit agaçant, de remarquer l’usage systématique par Scott McCloud d’un effet de suspens en fin de page. Chaque planche est construite par une première case introduisant le propos et par une dernière créant une attente (il ne faut pas confondre avec l’effet de suspense qui lui, à l’intérieur d’une construction dramatique, cherche à générer une angoisse). On peut aussi regretter que les possibilités au niveau de la planche, notamment des deux planches en vis-à-vis, ne soit pas mieux développées. La notion de narration visuelle n’est pas vraiment explicitée non plus. L’importance du rythme dans la narration n’est pas réellement abordée non plus. Cependant, d’autres ouvrages permettent de combler ce manque et L’Art invisible les rend bien plus compréhensibles.

Un must donc mais quelques regrets aussi : l'ouvrage date de 1993 et zappe l'évolution du média depuis (et pour bouger, il a bien bougé), le manga est toutefois abordé. Ensuite, on trouve peu de pistes, références pour approfondir, seuls quelques grands noms (Eisner, Spiegelman, ...).

Plus pres de chez nous, vient de paraitre dans la collection "éprouvette" de l'Association un ouvrage de Baladi qui est véritablement jouissif et instructif

Plutôt que de s'embarquer dans un ouvrage théorique, Alex Baladi profite de cette incursion dans la collection Eprouvette de L'Association, consacrée aux essais, pour livrer une bande dessinée sur sa vie d'auteur. Partant de quelques anecdotes sur les séances de dédicaces, il vainc progressivement sa timidité initiale et cesse de tourner autour du pot pour livrer des histoires plus personnelles sur l'étroite relation qu'il entretient avec son moyen d'expression favori. S'ils ne sont pas réellement surprenants, les passages sur la dichotomie entre bande dessinée indépendante et bande dessinée commerciale, l'argent et la possibilité de vivre de sa passion d'un côté, la liberté et - oh le gros mot - “l'éthique” de l'autre, rappellent la difficulté de certains auteurs (et éditeurs), dont le quotidien s'apparente à un éternel dilemme. De plus en plus relâché au fil des récits, Baladi ose affirmer son point de vue - notamment sur la fameuse affaire des caricatures de Mahomet, où il présente un avis discordant sur la question - pour finalement relater des expériences plus intimes, sur l'importance qu'a eu la bande dessinée dans son enfance. Ou lorsque dessiner l'a "sorti" de la prison dans laquelle on l'avait enfermé. Le ton est sincère, toujours dégonflé par une humilité et une pointe d'humour qui resurgissent dans un dessin. Reposé et limpide - sauf dans ce magnifique intermède très "baladien", tout en texture et en matière -, son trait s'avère toujours aussi agréable à suivre dans ce découpage digne d’une marelle, progressant d'une case à l'autre en serpentin. Alors, même s'il préfère qu'on critique son travail pour lui prouver qu'il "vaut la peine d'en dire du mal", rien à faire : lire Baladi reste toujours un plaisir.

Lorsqu’Alex Baladi a envoyé sa première contribution à la revue L’Éprouvette, il ne pensait pas un jour faire des pages de bande dessinée pour parler du medium lui même. Il s’est pris au jeu, livrant des contributions de haute tenue, étant lui-même praticien. À tel point qu’une fois la revue sabordée, il a décidé de continuer ce travail de son côté et d’en prévoir un livre. Les trois histoires de L’Éprouvette sont donc ici continuées dans un ensemble de soixante quatorze pages, qui forme l’une des réflexions les plus pertinentes d’un auteur de bande dessinée sur son moyen d’expression, et qui prouve, si besoin est, à quel point Baladi maitrise ce langage sur le bout des doigts.
Et c'est peu dire qu'il le maitrise, il le réinvente pour lui donner tout le sens premier de la bd, une histoire ou l'image n'est pas qu'un véhicule mais l'expression propre à une narration graphique.
Et si ce livre qui parle d'abord de bande dessinée et du fait d'en faire, d'être auteur, était le meilleur de son auteur? C'est en tout cas comme ça qu'on le lit : à la manière d'une confession en plusieurs petits chapitres s'attaquant à tout ce qui concerne la découverte, la pratique, le regard sur la bande dessinée. Un petit livre à chérir, surtout si l'on veut s'immerger dans le monde singulier des auteurs de BD.
Son style délié étonne, sa manière de faire flotter les cases dans la planche surprend et cette façon de confondre les dimensions à la Matisse le caractérise.
Encore un effort, fidèle coutelas – clin d’œil à Rahan! –, une autobiographie axée sur sa manière originale de pratiquer la bande dessinée.
une perle on vous dit!

jeudi 28 mai 2009

Rosalie Blum




Séance de dédicace

Camille Jourdy sera en dédicace le 05 juin de 18h à 20h à la librairie Apo(k)lyps, 120 rue Legendre Paris 75017


Exposition Rosalie Blum à partir du 02 juin

à la librairie.

« Un petit moment de fraîcheur à savourer tout en douceur. »

Herwann Perrin (blogculturel.com)

Rosalie Blum, tome I, tome II

Le premier tome de Rosalie Blum met en place le décor de l’histoire et nous présente plus particulièrement le personnage de Vincent. Jeune homme à la vie banale et monotone, il se met à suivre sans réelle motivation Rosalie Blum, une épicière qui lui a juste laissé une impression de déjà-vu.

Le deuxième tome raconte la même histoire, mais cette fois-ci du point de vue de Aude, la nièce de Rosalie qui l’a chargé d’espionner Vincent après qu’elle se soit aperçue que celui-ci la suivait.

Les personnages nous mettent en face du train train quotidien et de la volonté de chacun de s’en sortir.

Parution 2007-2008- Prix 18 euros le tome

Acte Sud, Acte Sud Bd

Rosalie Blum, tome III

Ce dernier tome devrait nous apporter des réponses aux questions soulevées au cours des deux premiers opus. Vincent coupera-t-il le cordon ? Quel passé noir et douloureux Rosalie noie-elle dans le whisky ? Aude passera-t-elle Noël en famille ? Le dernier tome attendu de cette trilogie aux accents de polar social, subtile et originale, sans esbroufe graphique.

Parution début mai 2009- Prix 18 euros

Acte Sud, Acte Sud Bd

Camille Jourdy

À peine sortie des Arts Décoratifs de Strasbourg et après des études à Épinal, elle publie ses premiers albums illustrés. Mais la bande dessinée devient vite son mode d’expression favori, notamment aux éditions Drozophile, dans des histoires pour la jeunesse pleines d’humour et de charme, et tout récemment chez Acte Sud BD avec Rosalie Blum.

Librairie Apo(k)lyps

120, rue Legendre 75017 Paris

Metro ligne 13, sortie La Fourche ou Brochant

Tel :01.42.28.01.50

Mardi - vendredi :11h-21h

Samedi :11h-19h30


Les Sentinelles



Les Sentinelles est une nouvelle BD du célèbre Xavier Dorrison (Long John Silver, W.E.S.T, etc...). Celle-ci nous replonge dans la première guerre mondiale, au cœur des tranchées et face à l'armée Allemande. Un évènement va cependant modifier une partie de l'Histoire. En effet, dans ce passé alternatif un savant fou a créé un homme de fer à la force et à la résistance sans pareil.
Le projet est cependant mis de côté car il n'existe alors aucune source d'énergie suffisante pour alimenter le squelette de métal.
La découverte de Gabriel Feraud, la pile au radium, va venir changer la donne. Victime de la guerre il va devoir se soumettre à l'armée pour retrouver l'usage de ses jambes et de ses bras. Après leur avoir remis sa pile il est obligé de mourir pour devenir Taillefer, un soldat model, un commandant intelligent et un véritable moteur pour l'armée. Il doit cependant garder l'anonymat pour préserver sa famille.
Soutenu par Djibouti, un vétéran dopé au Dexynal (un puissant anabolisant), il aura à s'acquitter des missions les plus dangereuses pour mener la France à la victoire.

Initialement édité par Robert Lafond BD, c'est cette fois Delcourt qui republie le premier tome et sort le deuxième,inédit, dans la foulée. Les Sentinelles intègre astucieusement un Super Héros "à la française" dans l'Histoire, faisant de vrais parallèles entre la fiction et des éléments historiques. Les illustrations, photos et affiche d'époque nous plongent réellement dans l'ambiance de la première grande guerre.

Scénario: Xavier Dorrison
Dessin: Enrique Breccia
Sortie : Mai 2009
Prix: 14.95€